Je n’étais pas le même gars d’avant ce jour là. C’était par un Jeudi. Je me suis réveillé avec l’intime conviction que la fin de cette journée ne sera pas comme les autres. Le soleil comme à son habitude se portait garant de décorer cette journée de ma vie, quoi de plus normal. Mais voilà, un évènement allait violemment me secouer. Mes sensations allaient s’entrechoquer, mes mains allaient trembler et mes pensées allaient à leur tour s’envoler et flirter avec en symbiose avec une jovialité sans limites. Une chose était sûre, je n’allais pas revivre ces quelques heures que je m’apprêtais à passer. Ça allait être bien plus que meilleur que mes premiers flirts, que ma première fois voire même bien plus sensationnel que mes premiers vers écrits et lus.

Abdellatif Laâbi, ce jour là j’allais vous rencontrer. J’allais vous voir. Vous alliez sûrement être à quelques mètres de moi, à quelques centimètres. J’allais peut-être vous toucher, vous saluer.

Monsieur Laâbi, ce jour-là, en me levant, je savais d’ores et déjà que la dizaine d’heures qui nous séparaient, allaient être longues et lassantes. Que ce que j’allais retenir de cette journée, n’allait être que votre voix, votre regard et vos gestes.

La chose a été faite. C’était à la Librairie Kalila Wa Dimna.

J’avais devant moi, en chair et en os, l’Homme qui a fait de moi ce que je suis maintenant. L’Homme qui m’a appris à voir la magie des mots d’une façon bien plus profonde que la bassesse dans laquelle je me morfondais avant de connaître vos phrases. J’avais tout juste là, devant moi assis ou debout, le vieux loup des mers carcérales pour qui j’ai pu sacrifier tant de nuits à lire ses réflexions qu’il avait pu rédiger au fin fond de sa cellule.

J’ai connu vos mots par une conjoncture des plus hasardeuses. Alors, que je baignais dans un profond mépris de la langue française, en ne la considérant qu’un moyen parmi tant d’autres que j’avais cultivé et qui m’avait permis de me démarquer, un de vos livres m’a été prêté. C’était «  L’Œil de la nuit ». Je vous ai alors découvert en me plongeant dans l’atmosphère de vos proses qui était tragique. La magie noire que cette œuvre recelait, m’avait touchée aussi profondément qu’une flèche qui aurait pu transpercer mon brin d’humanisme.

S’en suivit « Chroniques de la citadelle d’exil » adressé pour la plupart à votre Femme. Je l’ai lu à diverses reprises, et cela avait à chaque fois le même et unique effet. Une anesthésie de longues heures, durant lesquelles je vagabondais en les méandres de votre sensibilité et de l’Amour dont vous faisiez part à votre femme, Jocelyne.

J’ai pu tout aussi voyager entre autres, parmi d’autres ouvrages de votre personne. Que cela soit en cheminant, dans la largesse de « Chemin des Ordalies » ou encore en m’appuyant sur chacune de vos interventions pour forger ma connaissance, dissoudre ma méconnaissance et construire ma propre vision des choses politiques, culturelles et sociales.

Vous l’aurez compris, le travail que vous avez pu faire et toute la féerie de vos œuvres, représentent énormément pour moi. Cela serait sans vous parler, de vos combats, de vos précédentes luttes.

Voyez-vous, vous admirer, vous respecter et vouloir, un jour, vous ressembler ne m’imposent aucunement de rester figé dans un état de profonde naïveté. Dans lequel, je ne saurais me donner qu’à votre éloge puis à votre admiration. Je ne me permettrais pas cela. Un assidu lecteur et admirateur de tout votre Art, ne saurait être de ce niveau là.

C’est là, que je me permettrais de vous adresser un message, une requête. J’ose espérer que dans le contenu qui va suivre, il ne sera présenté aucun manque de respect. Dans le cas contraire, je m’en excuserais d’avance. Il ne sera là, qu’un excès de fougue de ma part. Une exubérance qui m’a poussé à étaler ma franchise à vos yeux.

Considérez cela alors, comme la remarque sincère d’un lecteur amoureux de votre Art. Une autre remarque peut-être, mais qui espérons le, ne restera pas sans réponse.

Monsieur Abdelattif Laâbi,

Vous êtes sans savoir que le Maroc d’aujourd’hui n’est pas celui d’il y a quelques années. Il n’en a pas pour cause les récentes réformes à l’arrière goût de teinture que l’on nous a présenté. Pour cause avant tout, il a sa propre Jeunesse. Celle qui a su s’armer d’Amour puis de perspectives d’avenir pour la Terre qu’ils ont pu fouler depuis leur naissance. Le peuple a lors de quelques moments, exprimé son ras-le-bol par le biais du mouvement 20 Février, aussitôt quelques courageuses jeunesses de partis ont pris le relais, s’en est suivi l’éveil de quelques voix populaires qui ont pu en quelques journées eux aussi faire crispé le pouvoir. Cela serait aussi sans vous parler du milieu associatif qui encore une fois, au Maroc a impressionné. Le niveau du débat s’est alors hautement élevé. Votre Camarade en la personne de Mr Ahmed Assid, pourra vous témoigner de la vivacité des jeunes paroles, et plus spécialement d’une association qui a su tracer sans détour son objectif : Cap Démocratie Maroc.

En quelques mois, nous vous avons prouvé, vous ainsi qu’à toute votre génération qu’il pouvait y avoir de l’espoir. Que tant qu’il y aura de la vie, de la jeunesse, et une régénération progressiste des pensées, on aura cet immaculé espoir.

Durant le long cheminement dressé encore devant nous et qui sera comme vous le savez si bien, ô combien semé d’embûches. Nous en aurons besoin de choses. A commencer par une extrême maturité qui saura nous prémunir de tout vain vagabondage, et nous éloigner de notre propre perte.

Pour cela, il nous sera besoin d’aide de votre part, de votre génération. Comme de jeunes bleus jetés sous les feux de la rampe, nous ne savons point lorsqu’il faut ou pas dégainer. Et il est des plus recommandables pour toute lutte qu’elle quelle soit, que les personnes qui auront la lourde responsabilité de la mener, soient dûment épaulés par des témoins des erreurs du passé.

Monsieur Abdelattif Laâbi, Sans tergiverser et y aller par quatre chemins : En mes qualités de lecteur-fan de votre personne puis aussi en mon état de jeune aspirant à des perspectives d’un avenir meilleur, je tenais à porter à votre connaissance que votre retour à la mère patrie est plus que souhaitable.

Avec tous mes respects, j’oserais dire que le temps n’est pas à la dérobade, à l’éloignement, et à l’exil. J’oserais même jusqu’à aller dire, n’en déplaisent à quelques personnes, que le temps est à l’engagement tout court. Nous vivons une époque bien plus que merveilleuse où l’ébullition d’un peuple face à l’immense occasion qui lui est présentée, est sans mesure. Nous sommes en un temps, où chaque force se doit de lever le poing et d’affronter le Léviathan. Que cette force, ait été épuisée et assaillie par de précédents combats, importe à vrai dire très peu. Il faudra affronter cette fatigue, cet ultime désespoir. C’est cela l’enjeu qui se présente devant nous, devant vous !

J’ai grandi selon le concept que pour anéantir toute anomalie ou déplaisance, il n y a de remède que de l’affronter, s’aligner pour se constituer comme étant un véritable front. C’est cela ma vision des choses, c’est ainsi que je compte sérieusement m’engager en politique. Chose qui a en parti, déjà été faite au sein d’une formation de gauche. Je me suis avancé vers les partis politiques, vers la fourberie pour la changer. Mais là n’est pas le sujet,  j’y reviendrais peut-être à un autre moment.

Comme j’ai pu vous dire, Monsieur : Les jeunes d’aujourd’hui ont grandement besoin des jeunes qui vous étiez hier. De l’ardeur et la pétulance qui vous nourrissaient à chaque répression. Vous aviez vécu dans un temps bien plus dur que ce présent quelque peu avarié. Vous aviez à faire, à une injustice bien plus que prépondérante et personnifiée, et la situation s’est relativement améliorée, oui. Mais cela ne justifie aucunement un délaissement de votre part.

Comme j’ai pu vous le dire un peu plus au dessus, je suis, du plus près qu’il m’est permis du haut de mes 18 ans, votre travail, vos prises de positions et surtout vos réflexions. Vous nous avez confié par le biais d’un de vos ouvrages qu’est  « Livre imprévu », que vous ne pourriez revenir en notre pays à tout les deux, que dès lors qu’une de vos volontés soient prises en compte. Celle que l’on puisse vous enterrer avec la Femme qui a su être à vos côtes tout au long de votre combat, votre emprisonnement, et votre libération. Votre femme Jocelyne, dont vous n’omettiez à aucun moment de citer, ne serais-ce que pour lui rendre un court hommage et une infime mention. En vos lignes, vous dévoiliez que vous ne souhaitez que reposer aux côtés de votre femme, chose qui n’est malheureusement pas possible au Maroc. Par cela, vous souleviez aussi le sujet de la liberté de croyance, et en quelque sorte de la sécularisation de la religion.

Je suis entièrement de votre côté. Je n’ai en aucun moment rechigné devant l’idée d’être en faveur de la liberté de croyance et de l’affirmer publiquement. Même si encore cela, trouble en notre temps et en l’espace où je vis. Je ne peux aussi que courber l’échine face à la sensibilité dont vous faites preuve et qui ne m’étonne aucunement. Mais voilà, le temps est au sacrifice.

Ceci est votre dernier combat, votre dernière lutte. Je vous dois encore tout mes respects lorsque je vous dirais que nous n’attendons pas de vous une autre anthologie, ô combien précieuses. Nous avons tout simplement besoin de vous. De votre présence, de votre épaulement et puis de votre proximité. Pour sentir une bonne fois pour toutes, qu’une des plus grandes icônes des heureux rescapés des années de plomb, s’est jointe à une humble cause. Celle qui concerne notre terre commune. Notre Maroc millénaire. Le nôtre et non pas de ces marchands de démocraties et de réformes.

Ce message, cette requête n’est pas adressée qu’à vous. Elle l’est à toute votre génération. Aux intellectuels citoyens qui au-delà des frontières nourrissent grandement les débats mais laissent quand même un vide sidéral, dans ce flux de mouvements.

Soufiane Sbiti, le jeune qui n’oubliera peut-être jamais ce Jeudi soir.

Ce message vous a été envoyé conformément à ce que vous nous aviez conseillé lors de votre rencontre à la Librairie Kalila Wa Dimna. Il sera aussi publier par ici sur mon blog personnel : http://ssbiti.wordpress.com.

Merci d’en être arrivé jusque là à votre lecture et à la prochaine.

Cher ami, cher frère de l’humanité,

Je t’écris sans trop puiser dans les saintes ressources de l’inspiration, non tout est là, tout est présent devant moi. L’idéal et la réalité ne forment à ton plus grand dam, aucune promiscuité.

Je m’avance et on se présente.

Je ne te connais pas et tu ne me connais pas. A vrai dire, on ne se connaîtra sûrement pas, si ce n’est que peut-être un jour, en une opportune force du hasard. Je t’écris donc à l’aveuglette sans vraiment avoir palpé ton être ni eu connaissance de ta véritable personnalité. M’est avis que point ne sera besoin de ça, je te parlerai comme si j’allais parler à n’importe quel autre frère de l’humanité. Je te conseillerai suivant cette même logique universelle, qui veut que tous les hommes puissent naitre libres et égaux. Une loi qui s’applique à tout être sur cette terre.

Aussi, je voudrais te dire que je barguigne fortement face à l’idée d’entamer ou d’achever cet écrit. Pour la raison que je n’ai pour ainsi dire jamais pu penser que j’aurais assez de courage pour ébaucher une telle entreprise. Car, comme tu le sais bien plus que moi, nous vivons tout les deux, dans un milieu parsemé de tabous, d’interdits et de non-dits. Et faut dire que quelques êtres parmi nous préfèrent se voiler la face, et mettre d’humide voile sur les sujets dont il est à leur avis, préférable de ne pas en discuter.

C’est ainsi, la nature de nos compatriotes se veut d’être lâche.

Je me lance alors, sans trop y penser, sans trop m’attarder sur de futiles réactions. Je me lance comme il m’est arrivé souvent de faire, c’est-à-dire avec insolence et une once de réactivité. Je ne me soucierai peut-être pas de ces critiques sans réelle valeur ajoutée. Je ne me soucierai que de l’exutoire fourni en cette occasion à ces mots qui s’entrechoquent en mon être. Ces mots qui voulaient à tout prix sortir. Ces mots porteurs de pensées qui ont longtemps été confinées en mes monotones réflexions. Des petites pensées qui avaient peur de sortir, par crainte des préjugés et de ces bourreaux de la morale, ces dicteurs de leçons bon marché.

Vois-tu fidèle ami, je suis de ces êtres qui aspirent derrière chaque feuille blanche à repousser les infimes frontières des libertés. Nous, les aventuriers à la plume, nous nous fixons ce but afin de mener l’humanité à toujours un peu plus loin, un peu plus en avant.

Faut te dire encore que je suis de ceux qui croient que la liberté est une solide valeur humaine empreinte de bonté. Et qu’une fois piétinée, il ne s’agirait dès lors plus d’Homme, mais nous serons tout simplement passé à l’état passif d’un objet, d’une machine qu’il faut programmer et mettre en marche. Et enfin, je suis de ceux qui pensent que la liberté ne devrait avoir de limites, et que le jugement même si libre, devrait quant à lui être sévèrement réprimé.

Que l’on soit clair, je sais d’ores et déjà que je ne serai peut-être qu’un autre partisan de la liberté de penser, de croire et d’être. Un partisan de plus, dans ce présent quelques peu révolu et aux prémices d’une intense décomposition.

Qu’on se le dise aussi, mes préférences sexuelles ne sont aucunement semblables aux tiennes, mais au contraire de ce que pensent certains, cette divergence d’orientation ne m’importunera guère dans ma hautaine défense de ta liberté. Ta propre liberté de cultiver ton espace privé, comme bon te semblera et avec la personne, sur laquelle tes yeux se poseront. Ta propre liberté de faire ce qui te plaira avec dignité, fierté et amour.

Je t’aborde en l’honneur de tout le respect que je dois à l’humanité souillée de jour en jour. Je le fais pour l’essence même des êtres que nous sommes et qui se veulent être libres dans leurs actes et leurs propres choix.

Je ne t’envoie pas ceci pour juger ou expliquer la légitimité de tes actes, ni même le fondement du pourquoi de tes choix. Et encore moins attester avec telle ou telle source de la sainteté de tes préférences. Loin de là, je ne t’envoie pas ce missile pour t’assaillir avec des discours contradictoires. Je t’envoie ceci pour te dire ce que je pense et ce que tu dois penser.

Mes pensées, les voilà. Non meurtries par mon inexpérience mais solidifiées toutefois par ma précoce maturité.

J’aurais voulu être toujours à tes côtés mon ami, pour te faire comprendre que ce qui compte n’est pas ce que tu es, mais ce que tu es en mesure d’apporter et de donner à ton entourage, à ta patrie et à l’édifice de l’humanité.

J’aurais voulu être aussi là, pour t’entendre dire la tête haute, à ces oppresseurs, qu’il est des plus moral et essentiel que de faire passer la tolérance avant toute chose. Sans aller, à fixer au préalable quelques jugements qu’ils soient, et qui se révéleront sans aucun doute faux !

En attendant, je voudrais que tu leur dises mon frère que les hommes libres finiront par s’imposer.

Sais-tu mon ami que tu es fort ? Tu n’es point faible, comme il t’est bien arrivé de penser. Tu es fort, et je voudrais que tu soutiennes ce regard en or. Je voudrais que tu hausses la tête, que tu approfondisses ta vision et que tu admires le vaste horizon.

Tout en respirant, cet air libre et frais de fin d’été, dis-toi que la Différence telle qu’ils la conçoivent avec leur vision archaïque, ne devrait plus être en ce monde avarié. Dis-toi au plus profond de ton être encore que tu es comme les autres. Dis-toi, que tu seras prêt à donner bien plus que les autres.

Dis-toi tout cela, et crois-y.

Pense-le et ne te fie pas aux significations qu’ils sauront te donner. Leur conception est obsolète. Ils fixent des règles, des limites et des contraintes en fonction de leur mentalité. Et de ce fait, ne répondant à aucune loi humaine de la pensée.

Ils souillent la liberté.

Soutiens encore une fois ce regard meurtri par le jugement. Regarde derechef ces paysages bucoliques, emplis de naturel et écoute-moi.

Sais-tu mon ami, qu’en parlant de ce que tu vis, qu’en parlant de ta vie, et de ta plus intime propriété qu’est la sexualité, ils en disent que ce n’est qu’une fortuite dépravation de la morale. La déchéance médiocre d’une société qui accepte tout et qui finira à coup sûr par sombrer vers du libertinage ou peut-être même vers une sanglante déviance.

Ne penses-tu pas donc qu’il faudra mon ami leur apprendre, comme l’on inculque à un enfant de bas-à-âge, que cette dite dépravation, ne se fait aucunement et fort heureusement pas par les choix que prend chaque individu pour agir dans sa propre vie et à sa façon. Mais, qu’elle se fait comme ils refusent de croire, par les limites et les acerbes contraintes que dressent quelques individus pour mépriser autrui et les rabaisser.

Mon ami,

N’écoute pas ceux qui oseront par un beau jour te juger et te coller cette fameuse étiquette d’erreur de la nature ou de l’évolution. Ne les écoutes pas, et dis-leur que décidément, ce sont bien eux qui ont dû manquer une case de l’évolution de l’ère humaine et de la pensée moderne. Celle qui prône qu’avant toute chose vient le respect de la liberté de choix.

N’écoute pas toutes ces voix imbues de leur propre personne à l’égo flatté et à qui on a dû faire faire croire qu’ils étaient du bon côté. Celui des normaux.

Mon ami, mon frère de l’humanité, mon égal,

Quel monde nous sommes, qui sommes nous au juste, pour pouvoir se permettre de te juger en fonction de tes propres croyances, voire même de ta sexualité. La plus intime propriété qu’un être puisse posséder en ces temps durs du matérialisme.

Ami ! Tu auras en face de toi, de primitives mentalités soutenues par des gouvernements plaidant en faveur de l’homophobie. Tu auras tout cela devant toi, en face de toi, et au travers de ton chemin. Certains d’entre eux ne feront que répéter quelques homophobes discours appris à l’avance, et inculqués depuis leur plus jeune âge. D’autres, seront le reflet de leur propre société et de la vulgarité de leur situation, ceux-là décortiquerons en toi le moindre petit détail pour te traiter de tous les noms. D’autres encore et qui sont bien plus importants, de par leur influence, prétendront être de fins théologiens ou encore d’incroyables dicteurs de morales. Ils argueront à tout bout de champ, que des êtres à l’orientation sexuelle pareille que la tienne, ne doivent exister. Ils te fulmineront outrageusement et sans aucune raison valable. Ils seront le mal incarné et l’obscurantisme rajeuni.

Mon ami, quand tu les auras en face de toi, ne les évites surtout pas.

Tu auras du temps pour les combattre, du cran et surtout du cœur. Combats-les avec amour, avec paix et tolérance. Ignore leur outrageant dépassement, et ne rechigne point devant l’idée de vivre un jour dans un monde égalitaire. Dans un monde où tu te permettras d’enjoliver ta sphère privée, sans pour autant avoir de pensée pour la norme et pour les règles établies.

Et tu en auras des choses au bord de ta route ! Des dogmes, des êtres, des regards, des paroles, des jugements et surtout des réclusions. Hausse la tête encore une fois et avance. Affronte tout ces démons du modernisme. Apprends-leur, ce que c’est l’Homme et où sont ses libertés.

Mon ami, tu n’es pas l’anomalie, tu n’es pas l’exception, tu n’es pas l’erreur. Mon ami, tu es celui qui apprendra à l’humanité la liberté. Tu es celui, qui retracera les lignes de la vie privée, qu’il ne faut pas enfreindre. Tu es celui, qui leur apprendra que l’on peut juger l’être qu’à partir de ce qu’il fournit. Mon ami, à toi incombe la dure tâche de faire évoluer les pensées.

Tu n’as pas à te nourrir de peur ou de crainte vu que tu auras à te ressourcer de responsabilités. Il t’en faudra ! La responsabilité d’être précurseur de grandes libertés dans ton pays. Ne t’éloigne pas de la sphère publique, au contraire fonces-y dedans. Tu auras mal au début, mais au final tu t’y intégreras et on t’applaudira pour ça.

Ma lettre n’est au final pas si consistante que ça. A vrai dire, je n’ai pas beaucoup de choses à te dire, pour la simple et unique raison que pour poursuivre ton parcours, tu n’auras aucunement besoin d’apprendre des choses de l’extérieur. Tout est en toi. Enfoui en toi. Il faudra chercher et il faudra te trouver afin de mener à bien ta quête. Ta route qui assassinera les jugements et les regards. Ton chemin qui saura estomper la fictive différence.

Point n’est besoin d’apprendre pour ce que tu veux faire, il ne te faut qu’entreprendre.

Comme si le souffle de la liberté faisait parti du processus de notre respiration, je t’ai écrit ceci à toi, Homosexuel marginalisé. Que tu sois d’ici, du Maroc ou d’ailleurs, j’espère que tu recevras cette présente lettre, j’espère que tu la liras. J’espère aussi que tu alerteras la victime en toi et l’incitera à se rebeller. Change les mentalités, les hommes libres seront derrière toi.

Qu’entre tes mains, cette lettre soit universelle alors…

Vive la liberté, vive l’Humanité.

Soufiane Sbiti.

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